Les Potins des Anciens Caddies par Emilienne

Les Potins des Anciens Caddies par Emilienne

Rencontre avec Emilienne

Emilienne, juste avant 60.
Période avec Daniel Peignot, Suzanne…
A l’époque c’était le jeudi et le samedi, on passait des bons moments avec les copains, le dimanche les jours fériés les vacances, mais c’était super ! Pourtant c’était des gens qui avaient de l’argent mais ils avaient du respect envers nous, jamais ils nous ont maltraités. J’ai eu des clients fidèles, Mr Lacombe, Rocher gros industriels de Grenoble, ils m’emmenaient partout, quand il y avait une compétition à Annecy, j’étais entre guillemets soit disait j’étais un bon caddy, je savais bien conseiller les clubs On était attaché à ces gens-là. Et pourtant il y avait de l’argent. Moi je sortais d’une famille très très modeste, mon père était ouvrier maman à la maison, nous étions 10 à la maison, beaucoup de bonheur pas de soucis de ce côté-là mais il fallait beaucoup d’argent. Mon père disait au lieu de rester à rien faire, il y a le golf, il y avait le tennis aussi j’allais ramasser les balles mais c’était des moments !!! j’ai des souvenirs ; on était entre copains, il n’y avait de classe sociale. Pas comme maintenant. Dans la vie il faut rester humble, pas oublier d’où on vient. J’avais des clients fidèles. On n’avait pas le droit de jouer mais on conseillait sur les clubs à force de faire des parcours. Je me souviendrai toujours une sortie de bunker, j’ai conseillé un fer 7, mon client m’a dit tu crois Emilienne ? il avait sorti sa balle et après il a tjrs pris un fer 7 pour les sorties de bunker ! Il faut dire que les clubs de l’époque n’avaient rien à voir avec les clubs de maintenant. Je jouais un peu le jeudi avec Annick Morel, j’avais un client qu’avait donné deux trois cannes qu’on laissait là, on n’avait pas le droit de les prendre, on a passé des moments, si les arbres pouvaient parler, j’ai des souvenirs inoubliables, mais des souvenirs gentillets. Daniel Peignot c’est un copain, on a jamais flirté ensemble, c’était comme mon frère, je sors d’une famille nombreuse certes, mais on avait besoin de voir autre chose et avec Daniel sa maman travaillait donc au bar sa maman c’était Fortune, du temps de Mme Chevallier, on était plusieurs il y avait Cacciatore il y avait toutes ces familles italiennes avec qui on passait de bons moment, on allait chercher des cerises j’étais un vrai garçon manqué. C’était une bonne période. On était costauds, j’ai eu fait 18 trous le matin, 18 trous l’après-midi je faisais 43 kg, on portait les sacs et on ne se plaignait jamais. Le souvenir que j’ai avec ma sœur on gagnait 1 franc 1franc cinquante, c’était dérisoire mais à l’époque, mais papa 425 francs par mois, je me gardais 20 ou 30 centimes, avec ma sœur on aimait bien la crème de marron  la mortadelle, on s’achetait ça c’était notre petit plaisir. Le reste, je donnais tout à mes parents. J’aimais bien la secrétaire Mme Charbonnel, son fils Jean Pierre avec qui j’ai fricoté un petit peu, il était adorable. On était une équipe, on ne se quittait jamais. Les clients savaient les caddies qu’ils voulaient, ce n’était pas nous qui choisissions les clients, les clients avaient confiance en un caddy, ils voulaient toujours le même après. J’ai commencé j’avais 12 ans, j’en ai 67, c’était en 1958. Après en 62 j’ai commencé à travailler en usine. L’époque où il y avait Suzanne, Chantal Charbonnel les Cacciatore, Mme Chevallier, Fortune, Mme Daviez elle est était pas commode… De Chazourne, les Cerboneski mais je n’ai pas caddayé pour eux. De toute ma carrière à part Mr Lacombe, un Docteur grenoblois qui me considérait presque comme sa fille, et Mr Rocher qui avait une très grosse industrie, les produits Rocher, mais c’est tout. Mme Chevallier une femme exceptionnelle. Sa fille Marie Thérèse était cadette aussi. Mon frère André Roux était caddy aussi mais il jouait plus aux cartes qu’il portait. Et les sacs il fallait que ce soit toujours impeccable et les chaussures aussi. Et les balles il ne fallait pas les perdre, on les cherchait toujours, en haut sur le 11 de l’époque. J’ai été caddy pour Gourdel, il était de Grenoble il était un peu bourgeois, je n’aimais  pas caddayer pour lui, il y avait le dentiste de Chambéry, les Cerboneski deux beaux garçons. Ils avaient des belles voitures et tjrs bien sapés. C’était réservé à une élite le golf. Il y avait bcp de pantalons à carreaux. C’était classe. On était jeune, insouciant, c’était une belle époque.